Après le phénomène de la coloration verte de certaines parties du Lac Tanganyika dans le territoire d’Uvira, le professeur et chercheur au Centre des Recherches Hydro biologiques d’Uvira CRH en sigle Pascal Masilya Mulungula parle des conséquences de ce que scientifiquement s’appelle bloom algal.

D’abord, en ce qui concerne la navigation, ce chercheur et enseignant à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu ISP Bukavu précise que pour le cas survenu le week-end dernier ne peut avoir aucun effet.

La conséquence que cela peut avoir sur le plan humain, les conséquences peuvent être situées à deux niveaux.

« … premier niveau c’est que quand il y a prolifération comme ça des algues, parmi c’est algues c’est possible qu’il y ait des algues toxiques c’est qu’on appelle des cyanobactéries. Si les cyanobactéries augmentent aussi leurs biomasses pendant ce temps là, alors dans ce cas là ça peut être dangereux parce que les cyanobactéries produisent une toxine donc un poison qui attaque le système nerveux et à ce moment là, il est interdit de faire la nage dans ces eaux là. En principe dans les pays qui se respectent, même dans les étangs, dans piscines et même dans le Lac par moment il y a prolifération des algues. A ce moment là, il ferme ces lacs, ces étangs et ces lagunes pour dire, pour le moment, interdiction de nager… », explique le professeur Pascla Masilya Mulungula.

Il conseille aux mêmes habitants riverains de ne pas consommer les aliments crus qui sont pêchés dans le Lac Tanganyika mais aussi de ne pas utiliser l’eau du Lac sans la bouillir faute de quoi, une épidémie de choléra pourrait se déclarer dans la région.

« … il peut surgir le fait qu’après un bloom algal comme ça suit un bloom des zooplanctons. Les zooplanctons sont des petits organismes qui se nourrissent d’algues. Et donc comme il y a eu suffisamment d’algues, ces zooplanctons vont avoir aussi à se nourrir et en conséquence ils vont se diviser sensiblement et quand ils se divisent en masse ils vont augmenter aussi leurs biomasses ; seulement eux ne sont pas colorés, donc on ne va pas voir qu’ils sont devenus très nombreux… or il y a des recherches qui ont démontré que dans tous les Lacs de l’Est ici, les zooplanctons servent de réservoir aux vibrions colères qui sont des micro organismes qui est responsable du choléra. Or nous savons que dans notre zone ici beaucoup de gens utilisent l’eau du Lac. Vous comprenez donc que les gens qui vont utiliser cette eau là quelques semaines après, risquent de se contaminer par le vibrion colère et donc, il y a risque que dans les semaines qui viennent on puisse assister à une épidémie de choléra… il faut éviter d’utiliser l’eau du Lac sans la bouillir… la même recommandation est adressée aux personnes qui consomment les crabes crues pour des raisons diverses car elles risquent de se faire contaminer aussi par le choléra… », prévient Pascal Masilya.

Rappelons que depuis le week-end dernier, certaines parties des eaux du Lac Tanganyika ont pris une coloration, une situation qui causé la panique de certains habitants du Territoire d’Uvira criant à la sorcellerie.

Les scientifiques expliquent plutôt qu’il s’agit d’un phénomène naturel qui survient presque toutes les années au mois de septembre et dans tous les Lacs du Monde suite à la montée des algues.