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Sud-Kivu: quand “la détention devient le principe, la liberté l’exception”

Détenus de la prison centrale de Kabare lors d'une visite du Ministre provincial de la Justice Ph. Radio Maendeleo Etienne Mulindwa
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Plusieurs personnes sont actuellement détenues de manière irrégulière dans différentes prisons et maisons d’arrêts dans tous les territoires de la province du Sud-Kivu.

Selon le constat dressé par Radio Maendeleo et alertes parvenues à la rédaction, ces irrégularités se justifient par le fait que certaines personnes sont arrêtées de manière arbitraire pour des faits parfois non infractionnels et passent des mois voire des années en prison sans avoir été entendus.

Le même constat fait état d’autres personnes qui croupissent dans des prisons par la volonté des officiers de police judiciaire et certains animateurs des instances judiciaires juste pour n’avoir pas payé des amendes fixées arbitrairement et non reconnues par les lois.

Ce problème souvent décrié par des défenseurs des droits humains se pose non seulement dans la ville de Bukavu mais beaucoup plus et avec acuité dans les territoires éloignés de la ville.

D’après des analystes, cela serait du non seulement à l’insuffisance des magistrats dans les juridictions situées dans les fins fonds des territoires mais aussi ceux-là qui y sont affectés n’y vivent pas ; ils ne s’y rendent qu’une ou deux fois par semaine pour des audiences préférant vivre dans la ville de Bukavu.

Cette situation impacte sur la vie des détenus et d’autres justiciables qui voient leurs droits violés, ici la détention étant devenue le principe et la liberté l’exception contrairement à ce que prévoit la Constitution.

Un détenu rencontré à la prison centrale de Kalehe Cikuru Balombe Wa Karusha pense que les procédures devraient être accélérées car passer plusieurs mois voire des années en prison sans être fixé sur son sort est une violation des droits humains.

« vous voyez un OPJ qui totalise plus de deux mois avec un dossier sans le transférer au parquet. Au parquet, le procureur garde le dossier durant plus de quatre mois. Et au tribunal, ça prend aussi beaucoup de temps. Avec tout ça, vous trouvez quelqu’un condamné à 6 mois alors qu’il a passé plus d’une année en prison. Les OPJ et les procureurs prennent les gens comme des vaches qu’ils jettent dans des prisons sans nourriture et sans soins de santé… je pense qu’il y a lieu de prendre des mesures pour faire respecter les droits des détenus », se plaint-t-il.

Et en réaction, le ministre provincial de la justice reconnait qu’il peut y avoir quelques disfonctionnements dans l’appareil judiciaire mais rassure que le gouvernement  provincial va activer la tenue des audiences foraines pour parer à ce problème.

 c’est vrai qu’il peut y avoir des irrégularité dans le traitement des dossiers… mais faut reconnaître que le parquet général a cette compétence de faire des inspections dans les prisons et cachots de police afin de se rassurer du respect des procédures auprès de différents acteurs… aussi, il faut dire que nous sommes en train de réfléchir sur comment remettre sur la table l’organisation des audiences foraines afin de vider certains dossiers. Le gouvernement est le premier partenaire dans ce domaine mais nous ne pouvons pas négliger l’apport des autres partenaires pour la réalisation de ces audiences. Donc, cela est nécessaire… », a ajouté le Ministre Jospin Bitafwanwa Mukono.

Le ministre provincial de la justice appelle par ailleurs les magistrats à redoubler d’efforts dans l’inspection des prisons afin de régulariser les détentions et faire respecter les droits des détenus.

Etienne Mulindwa

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