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Suspension de l’installation du Sénat: qui donne des leçons à qui? (Éditorial)

La République Démocratique du Congo a été classée, en octobre 2018, parmi les 20 nations les plus corrompues du monde à l’issue d’une enquête menée par le Forum Économique Mondial sur l’indice de corruption annuel dans le monde.

Aujourd’hui, le phénomène prend de plus en plus de l’ampleur avec les accusations de corruption qui pèsent sur les députés provinciaux qui auraient reçu de pots de vin de la part certains candidats sénateurs pour leur accorder les suffrages.

Sur la scène politique et dans l’opinion publique en général, ces accusations on défrayé la chronique et même entraîné des émeutes populaires, ce qui a poussé le Président de la République à convoquer une réunion interinstitutionnelle lundi 18 Mars dernier.

A l’issue de cette réunion, il a été décidé le report sine die des élections des gouverneurs et vice-gouverneurs et la suspension de l’installation de la chambre haute du Parlement, le Sénat.

Cette mesure est diversement commentée par les acteurs sociaux et politiques selon qu’on se retrouve soit du Front Commun pour le Congo de Joseph Kabila soit du Cap pour le Changement Cach de Félix Tshisekedi.

Selon certains analystes, bien que le Président semble avoir pris la décision dans la précipitation, elle est salutaire au regard du niveau de corruption qui est actuellement rapportée dans plusieurs institutions au Pays.

En effet, il y a lieu de noter que même pour être embauché, obtenir un document quelconque auprès d’un service étatique, les habitants sont parfois obligés de donner une somme d’argent.

En effet, nombreux sont ceux qui estiment que la mesure du Président relève d’un grand courage politique et devrait s’étendre dans d’autres institutions afin de mettre fin au coulage des recettes de l’Etat.

Ils justifient cela par le fait que la corruption continue retarder le Pays et les partenaires techniques et financiers par exemple la Banque Mondiale, l’Union Européenne et le Fonds Monétaire Internationale ne peuvent pas investir dans un Pays où règne la corruption.

D’aucuns estiment que le Procureur Général de la République devrait mener des enquêtes sérieuses sur les allégations de corruption aux élections sénatoriales afin de donner du crédit à la mesure du Président.

Certains analystes croient que ces enquêtes devraient être menées le plus tôt possible avant la validation des mandats des sénateurs pour la procédure de leur mise en accusation ne soit pas occultée par les immunités parlementaires dont ils jouiront.

D’autres estiment que les agitations qui s’observent au sein d’une certaine classe politique qualifiant d’illégale la mesure du président n’ont pas raison d’être car le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le Changement sont déjà en coalition.

Ils estiment qu’il est temps pour que les acteurs politiques se mettent ensemble pour gérer le pays en toute transparence, lutter contre la corruption et promouvoir le développement.

Ceci parce que ceux qui étaient au pouvoir hier ont aussi contribué à endormir la République dans le sous-développement et pourraient être tenues responsables de la situation que vivent les congolais.

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