Plusieurs agglomérations de la République Démocratique du Congo ont été transformées  en villes et d’autres en communes à travers un arrêté interministériel datant du 30 mai 2018 et signé par le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur Henri Mova Sakanyi et le ministre de la décentralisation Azarias Ruberwa.

Pour la province du Sud-Kivu, c’est le cas des cités d’Uvira et Baraka qui, à travers cet arrêté deviennent des villes. Fizi, Kamituga, Kiliba, Luvungi, Minembwe, Nyabibwe, Nyangezi, sange et Shabunda deviennent des communes.

Cependant, plusieurs questions persistent sur la mise en œuvre effective de cet arrêté.

Il s’agit principalement de la viabilité de toutes ces entités. En effet, aucune de ces entités ne dispose des infrastructures routières ou même des locaux qui peuvent abriter les différentes institutions. Les écoles et hôpitaux n’existent presque pas et ceux qui existent sont en mauvais état.

Il y a lieu de citer l’exemple de Shabunda ou non seulement l’accès par voie routière est presque inexistant mais également les conditions de vie des habitants restent précaires.

Sur le plan des locaux devant loger ces institutions, il y a lieu de dire que même les chefs de poste d’Etat d’encadrement administratif n’ont pas, pour la plupart, de siège fixe voire de résidence officielle dans leurs juridictions.

De même, les infrastructures de base laissées par les colons blancs ont été détruits et presque tout de cela n’existe plus et le peu qui reste se trouve dans un état de délabrement très avancé.

Sur le plan social, l’eau, l’électricité et même l’accès aux soins de santé aux soins de santé restent un casse-tête.

Nombreux sont ceux qui estiment que même si les animateurs de ces villes et communes étaient désignés, ils feront face à d’énormes difficultés autant dans le fonctionnement que dans l’encadrement des administrés.

Ils estiment que si la ville de Bukavu elle-même fait déjà face à plusieurs problèmes, le contraire serait impossible pour celles nouvellement créées.

L’autre problème évoqué par les analystes est le fait que jusqu’à présent, personne ne connait la délimitation de ces entités, une situation qui risquerait de créer une confusion ou des conflits d’intérêts.

A ceci s’ajoute les contestations de certains chefs des chefferies qui s’opposent à la mise en œuvre de cette décision estimant que leur pouvoir est en danger vu que les agglomérations ciblées seraient des grands centres de ces chefferies.

Des analystes estiment que cette décision devrait être précédée par la construction des infrastructures sociales de base comme les hôpitaux, les marchés, les routes, les écoles, les stades ainsi que l’amélioration de la situation sécuritaire et économique.

Ils pensent qu’il s’agit d’une décision qui peut être un facteur pour inciter le développement dans les entités mais des préalables devraient être pris en compte et non prendre un arrêté dont les visées sont plutôt politiques.