Les acteurs impliqués dans la campagne de sensibilisation contre les violences sexuelles demandent aux autorités judiciaires de s’impliquer en vue de faciliter l’exécution des décisions judiciaires en matière des violences sexuelles dans l’objectif d’éradiquer ce fléau dans la communauté.

Demande formulée à l’issue d’une réunion de plaidoyer tenue ce vendredi 8 juin 2018 avec les autorités judiciaires et administratives tenue dans la salle des réunions de l’Hôtel Mont Kahuzi en commune d’Ibanda.

Selon le responsable de cette campagne Gentil Akilimali, il a été remarqué que les organisations de la société civile font de leur mieux pour obtenir la condamnation des auteurs des violences sexuelles mais les victimes tardent à être rétablies dans leurs droits faute de l’exécution des décisions judiciaires.

Plusieurs facteurs seraient à la base de cette situation.

Il s’agit entre autres du disfonctionnement de l’appareil judiciaire, la corruption des agents, l’ignorance de la loi en la matière, les pratiques et coutumes rétrogrades, les arrangements à l’amiable et la lenteur de l’appareil judiciaire, selon Gentil Akilimali.

Les acteurs judiciaires présents dans la salle ont reconnu l’existence de plusieurs défaillances. C’est notamment le manque de suivi des dossiers judicaires après avoir été rendues.

Il ressort que les avocats tout comme les défenseurs judiciaires et les organisations qui accompagnent les victimes des violences sexuelles suspendent leur accompagnement après la décision de justice.

Cette situation fait que les victimes qui, pour la plupart, ne maîtrisent pas les rouages de la justice, se heurtent à plusieurs obstacles à la recherche de l’exécution de leurs jugements.

Les participants sont aussi revenus sur l’intérêt de mettre en place un fonds pour l’indemnisation des victimes. Ceci parce que la non exécution des condamnations civiles encourage les arrangements à l’amiable.

Les magistrats ainsi que les greffiers des juridictions civiles et militaires qui ont pris part à cette activité se sont engagés à fournir les efforts afin de faciliter, chacun en ce qui le concerne, l’exécution des décisions judiciaire.

Le conseiller au ministère provincial de la justice Me Jean Claude Zihalirwa a promis l’accompagnement de son ministère afin de protéger les victimes des violences sexuelles surtout en facilitant l’exécution des décisions de justice.

Signalons que cette campagne est menée par le consortium des organisations de la société civile dont ARPJ, ROI, AFEJUCO, COMESKI, COFAS, ACPD, ODM, CAPG, ICJP, FUD, SOS IJM, RAPI, FOMEKA et CADHOM en collaboration avec Freedom Hause avec l’appui technique et financier de l’USAID.