Politique

Sud-Kivu: des ministres pour des ministères à multiples défis (Partie 2)

La province du Sud-Kivu a  un nouveau Gouvernement provincial dont les animateurs ont été nommés à travers trois arrêtés signés par le Gouverneur de Province Théo Ngwabidje et rendus publics dans la soirée de jeudi 6 Mai 2019.

Après avoir survolé les défis qui attendent les nouveaux ministres dans le cadre de l’insécurité, les infrastructures et la justice ; Radio Maendeleo s’est penché sur le secteur des finances, du budget, de la santé, et de l’éducation.

Au ministère des finances, les principaux défis restent la capacité de mobilisation des recettes, leur encadrement pour couvrir les charges de la province et la lutte contre le détournement de deniers publics.

A l’occasion des contrôles parlementaires, les députés provinciaux de l’ancienne législature n’ont pas hésité d’affirmer que des taxes étaient perçues par des agents de l’Etat dans plusieurs marchés et services étatiques sans document justificatif.

Il faudra mettre en place une nouvelle politique de mobilisation des fonds, créer un guichet unique pour la perception des taxes et éviter de créer des caisses parallèles et de faire tout pour payer les agents via la Banque et non en mains propres.

Ici aussi, le nouveau ministre en charge des finances arrive dans un contexte ou l’actuelle assemblée provinciale a mis en place une commission spéciale pour contrôler la gestion du gouvernement sortant.

Avec un rapport préliminaire jugé alarmant par certains membres de cette commission notamment sur la création des comptes parallèles et la signatures des contrats de partenariat public privé pour la perception des taxes en province, le nouveau ministre aura du pain sur la planche car obligé de rompre avec les pratiques du passé.

Au ministère du plan et budget, en plus de sa mission traditionnelle d’élaborer un budget pour la province, il faut noter que le principal défi demeure la mise en place d’un plan stratégique réaliste et réalisable pour le développement de la province.

Au ministère de la santé, genre et affaires sociales ; le nouveau Ministre héritera d’un contexte où il faut travailler de manière à prévenir que le Sud-Kivu soit atteint par l’épidémie d’Ebola qui est signalée au Nord-Kivu.

Il s’avère également que l’accès aux soins de santé est loin d’être une réalité. Le système des mutuelles de santé qui a fait ses preuves dans d’autres pays, au Sud-Kivu par contre, cela couvre une faible partie  de la population.

Pendant que le taux de mortalité maternelle et infantile trouve déjà des solutions ailleurs ; ici au Sud-Kivu par contre, le nouveau Ministre de la santé aura encore du chemin à parcourir.

Bien plus, des scandales de détournement, parfois sous la bénédiction de hautes autorités ne cessent d’être rapportés dans différentes zones de santé et même à la division provinciale de la santé, où d’ailleurs une cacophonie persiste sur celui qui devrait en être le responsable.

Dans son volet humanitaire, il faut noter que la province fait face actuellement à plusieurs types de catastrophes naturelles. Des dégâts matériels et humains sont toujours enregistrés mais en amont comme en aval, l’on sent toujours une absence de l’intervention de l’Etat plongeant ainsi la population dans ce qu’on appellerait un désespoir.

Dans le secteur de l’éducation, le nouveau Ministre prend ses fonctions dans un contexte où la question de la prime continue de faire parler d’elle au sein de l’opinion.

Des voix s’élèvent pour réclamer la gratuité de l’enseignement et la mise en application de l’édit portant fonds de soutien à l’éducation voté depuis plusieurs années par les députés provinciaux et qui moisit dans les tiroirs du gouvernement.

Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu et même dans la ville de Bukavu, des enfants abandonnent les études  juste pour avoir manqué 1000fc et d’autres passent des jours à la maison juste pour avoir été chassés de l’école.

Dans le même sens, il faut noter la prolifération des écoles dont certaines sont érigées dans des sites dits impropres mettant ainsi en danger les vies des élèves. Les autorités tant au niveau national que provincial octroient des documents à des individus pour qu’ils aillent créer des écoles parfois même dans des conditions non viables.

Toujours au ministère de l’éducation, l’actualité en province est également dominée par le détournement des salaires des enseignants dans plusieurs coins du territoire ainsi que les spoliations concessions de certaines écoles comme à l’Institut de Bagira et à l’Institut d’Ibanda.

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