Les Etats-Unis sont opposés au recours à un système électronique de vote pour la triple élection prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo, présidentielle, législatives et provinciales, a déclaré lundi l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

« Nous sommes très préoccupés de voir l’insistance (des Congolais) à vouloir utiliser un système électronique de vote », a affirmé la diplomate lors d’une réunion informelle à l’ONU sur le processus électoral en RDC.

Un tel recours représente « un risque colossal » et les Etats-Unis souhaitent le recours à « des bulletins papier pour qu’il n’y ait pas de doutes sur le résultat ». « Les Etats-Unis ne soutiennent pas » ce recours à un système électronique, a insisté Nikki Haley.

Lors de la réunion, le président de la Commission électorale indépendante (Céni), Corneille Nangaa, venu à New York pour cette réunion, a rappelé que plus de 46 millions d’électeurs avaient été recensés pour la triple élection, reportée déjà à plusieurs reprises.

Intervenant dans le débat, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a évoqué « la crainte de fraudes lors des élections », en réclamant de la « transparence ». Elle a rappelé que le président Joseph Kabila n’avait toujours pas clarifié sa position sur une éventuelle candidature.

Le parti historique de l’opposition congolaise a appelé lundi à une mobilisation « massive » pour une marche des catholiques, prévue le 25 février à Kinshasa contre le maintien au pouvoir de Kabila en RDC.

Les deux précédentes marches organisées, le 31 décembre 2017 et 21 janvier dernier avaient été interdites et réprimées à balles réelles. Au total, une quinzaine de personnes ont été tuées, selon l’ONU et l’épiscopat. Les autorités n’ont reconnu que deux morts le 21 janvier.

« On ne peut pas permettre un nouveau report des élections » et « le président Kabila ne peut pas briguer un nouveau mandat (car) la Constitution ne le permet pas », a souligné Nikki Haley. Elle a aussi évoqué des informations selon lesquelles le président sortant ne chercherait pas à imposer quelqu’un de son choix pour lui succéder.

Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016. Le président a justifié la non-tenue d’élections fin 2016 par des problèmes de sécurité. Des élections étaient initialement prévues fin décembre 2017 avant finalement d’être reportées à décembre 2018.

 

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