Au moins dix détenus sont décédés à la prison centrale de Kabare depuis le début de cette année 2018, certains pour avoir manqué de la nourriture et d’autres par manque de soins de santé appropriés.

Selon une dépêche d’une organisation de défense des droits de l’homme de la place, le Cadre de Réflexion sur le Droit et le Développement de Kabare, le dernier cas est survenu  le 2 octobre.

A en croire cette organisation, cette maison carcérale fait souvent face à une rupture et parfois la pénurie en nourritures et en médicaments, ce qui amène les détenus à menacer de s’évader.

Le président du Cadre de Réflexion sur le Droit et le Développement de Kabare Me Charles Mugisho Mwambusa indique avoir interrogé certains détenus qui précisent que depuis le 16 aout dernier, ils n’ont jamais reçu la ration alimentaire.

Notre source regrette le fait que malgré les alertes des acteurs de la société civile et d’autres défenseurs des droits de l’homme, le gouvernement provincial n’ait pas fait grand-chose pour remédier ce problème.

« … nous sommes au regret de constater que depuis un certain temps il y a des cas de décès à la prison centrale de Kabare… actuellement le directeur est dans l’impossibilité d’accéder à son bureau car depuis le 17 septembre, il y a des détenus qui se sont permis de détruire les mûrs de son bureau jusque même à emporter des documents administratifs du bureau… aujourd’hui, le tribunal de Paix de Kabare et le Tribunal de Grande Instance de Kavumo sont dans l’impossibilité de siéger parce qu’ils ont peur de ces détenus qui sont toujours en colère… nous demandons à l’autorité provinciale d’intervenir dans l’urgence parce que même si on est détenu, on doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa dignité, sa santé physique et intellectuelle », plaide Me Charles Mugisho.

Par ailleurs, notre source indique que depuis le 17 septembre, les détenus ont brisé le mur qui sépare le bureau du directeur de la prison de Kabare à l’endroit réservé aux détenus, ce qui l’empêche d’accéder à son bureau.

Le président du Cadre de Réflexion sur le Droit et le Développement de Kabare indique également que les audiences ne se tiennent plus au sein de cette maison carcérale car les juges et les avocats craignent la violence des détenus suite à cet état de choses.

Signalons que la prison centrale de Kabare compte actuellement 253 détenus dont sept femmes et sept mineurs dont la plupart passent la nuit à même le sol par manque de lits et de couvertures.

Cette prison reçoit les détenus en provenance de trois territoires dont Kabare, Idjwi et Kalehe.