Securité

Dialogue d’Uvira: les communautés présentent les cahiers des charges aux contenus diamétralement opposés

Les communautés associées au dialogue sur la paix à Uvira ont déposé leurs cahiers des charges mercredi  26 juin 2019 aux organisateurs de ce forum.

Ces documents font un état des lieux de la situation sécuritaire à Uvira, Fizi et Mwenga en fonction de l’appréhension de chaque communauté et proposent des recommandations.

Une note négative de la journée, la communauté Banyamulenge a suspendu sa participation à ce forum jusqu’à ce que cessent les combats menés par les mai mai depuis le matin de mercredi 26 juin 2019 à quelques kilomètres de Minembwe.

Les Bafuliru veulent contrôler Bijombo

Dans leur cahier des charges, les membres de la communauté des Bafuliru exigent l’application de la loi numéro 15/015 du 25 Aout 2015 fixant les statuts des chefs coutumiers qui donne le pouvoir au Mwami de nommer le chef de groupement.

Si cette loi n’est pas appliquée, les Bafuliru veulent avoir la gestion  du groupement de Bijombo en territoire d’Uvira parce que, selon eux, ils sont les premiers occupants de ce groupement.

A travers ce cahier des charges, les Bafuliru exigent que soit mis fin à l’exclusion du Mufuliru dans les institutions tant nationales que provinciales.

Les Banyindu exigent la considération de la part d’autres communautés

Dans son mot, le représentant de la communauté des Banyindu a évoqué quatre points à la base des troubles. Il s’agit notamment du non-respect du chef de groupement à l’intérim de Bijombo Tete Amisi.

Il a également fustigé le mépris, le dédain, la méfiance de l’une des communautés à l’égard  du peuple des Banyindu.

Comme recommandations, les Banyindu ont demandé la fin des tueries intempestives envers leur communauté mais exigent aussi le désarmement des groupes armés locaux et étrangers.

Eux ont aussi ont plaidé pour la participation des jeunes Banyindu dans la gestion des institutions nationales et provinciales.

Les Baviras ne veulent accorder aucune faveur

De son côté, le porte-parole des Baviras a déclaré qu’aucune concession ne peut être exigée au Muvira qui est victime de son hospitalité et de sa générosité.

Le délégué des Baviras a plaidé pour la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de l’entité afin de faire face à l’auto-prise en charge communautaire et la résurgence des groupes armés.

Les Babembe de leur côté ont critiqué les faveurs accordées à certaines communautés au détriment de la leur et ont plaidé pour l’implication de l’Etat dans le rétablissement de l’ordre dans la partie Sud de la province.

Les Banyamulenge sont prêts à toute discussion

Enfin les Banyamulenge ont déclaré à travers leurs cahiers de charge n’avoir pas des conflits avec les communautés vivant dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira.

Tout en plaidant eux aussi pour l’implication de l’Etat afin d’imposer la paix en traquant les groupes armés, les Banyamulenge se sont dits prêts à discuter avec les autres communautés dans la perspective du retour définitif de la concorde et de l’ordre.

Cependant une note négative a marqué la journée de ce mercredi. Les membres de la communauté des Banyamulenge ont suspendu leur participation à ces activités pour exiger de la part des autorités le retour du calme à Minembwe en territoire de Fizi.

En effet, depuis la matinée de mercredi 26 juin 2019, des sources concordantes renseignent que Minembwe est menacée par une attaque des miliciens Mai Mai. Ceci plonge les habitants du milieu dans la psychose.

Somme toute, les travaux de ce forum organisé par Alert International et d’autres structures se poursuivent jeudi 27 juin 2019.

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