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Bukavu: l’ignorance sur l’utilisation des contraceptifs pousse les jeunes filles à mettre en danger leurs vies par des avortements

L’avortement reste une réalité en commune de Kadutu en particulier et dans la ville de Bukavu en général dans la province du Sud-Kivu.

Pas plus tard que  mardi 14 mai 2019, un fœtus a été retrouvé dans un caniveau non loin du marché Limanga au quartier Kasali dans la commune de Kadutu, un des endroits très peuplé et trouble de la ville de Bukavu.

La présence de ce fœtus a inquiété plus d’une personne. Pour plusieurs témoins présents sur le lieu de la scène,  le fait d’ôter la vie à celui qu’il qualifie « d’innocent », est un crime.

« Je suis vraiment très choquée par ce qui vient d’arriver, les jeunes filles commettent l’avortement  lorsqu’elles se  sentent abandonner par l’auteur de la grossesse mais moi, à sa place, je n’aurai pas commis ce crime, je devrais mettre au monde peut être qu’il pourrait un jour m’aider dans la vie. Les filles devraient réfléchir deux fois et méditer avant de commettre ce genre d’actes car c’est inhumain », estime Aline Kamanzi, une jeune fille âgée d’environ  25 présente sur le lieu.

Comme elle, Omari qui est un jeune garçon et qui a vécu aussi la scène conseil aux jeunes de se protéger pour éviter des cas  d’avortement.

« il nous arrive tous d’avoir le rapport sexuels mais l’essentiel c’est de se protéger pour éviter les Infections Sexuellement Transmissible (IST) et des grossesses non désirées. Si l’auteur de cet avortement est retrouvé, il risque d’être sanctionné selon  la loi  Congolaise », estime-t-il.

Se référant à la loi congolaise, il y a lieu de noter que l’article 165 du code pénal congolais punit en effet de 5 à 10 ans de prison ferme la femme qui se fait avorter volontairement.

Une éducation sur l’utilisation des contraceptifs s’impose

Pour éviter de tomber sur le cout de la loi, plusieurs observateurs estiment que c’est important  d’éviter les grossesses non désirées qui pourraient conduire aux avortements.

Le gynécologue au centre hospitalier Saint Vincent de Katutu le Dr De Josèph Kakisingi précise que  c’est possible  d’éviter l’avortement volontaire grâce à l’utilisation des méthodes  contraceptives.

« il ya plusieurs méthodes contraceptives. C’est entre autres les pilules, l’utilisation des préservatifs, les intrants, les chapelets et les duio. Les filles qui veulent éviter les grossesses avant le mariage peuvent aussi recevoir les conseils liés à la prévention des grossesses non désirées. Au centre hospitalier Saint Vincent, nous recevons certaines filles qui ont besoin d’aide en rapport avec les contraceptifs. Cependant j’ai fait un constat. Ce sont souvent les filles sexuellement actives que nous recevons pour des cas pareils. Nous avons même ouvert un centre  d’éducation sexuelle mais nous recevons souvent les garçons alors que les filles poursuivent les séances d’éducation rarement », explique De Joseph Kakisingi.

Il rappelle par ailleurs que les médecins ne sont pas autorisés à venir en aide à une personne qui veut pratiquer l’avortement volontaire.

Au regard du phénomène qui prend de l’ampleur dans la ville de Bukavu, des analystes estiment que l’éducation sexuelle doit commencer à la base c’est-à-dire dans la famille.

A ce titre, toutes les questions liées à la sexualité doivent être discutées en famille sans tabou dans l’objectif de prévenir les grossesses précoces et non désirées qui conduisent  les filles à pratiquer l’avortement dans les milieux clandestins en mettant en danger leur vie.

Les medias, de leur côté, devraient s’impliquer pour sensibiliser la communauté sur les contraceptifs enfin de prévenir les IVG. , estiment-ils.

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