Plus de dix détenus de la prison centrale de Bukavu sont décédés après avoir été transférés à l’Hôpital suite à la malnutrition aigüe depuis décembre 2018 à février 2019. Parmi ces personnes, deux au mois de décembre 2018, six au mois de janvier 2019 et quatre depuis le mois de février en cours.

La révélation a été faite lors d’une visite effectuée par Radio Maendeleo dans cette institution pénitentiaire vendredi 8 février 2019.

Selon les explications du responsable en charge du dispensaire de la prison centrale de Bukavu, la plupart des victimes sont des détenus transférés à partir des prisons et maisons d’arrêt installés dans différents territoires et qui sont arrivées état de malnutrition aigüe.

Il explique que les détenus sont obligés de manger un seul repas soit le foufou au haricot souvent sans sel à partir du 1er jour du mois jusqu’au dernier et parfois ils n’en trouvent même pas.

A cela s’ajoutent les mauvaises conditions carcérales. Selon le constat fait par la rédaction de Radio Maendeleo, les détenus occupent à tour de rôle de petites cellules ou ils ont même du mal à se retourner.

Le médecin en charge du centre de santé de la prison centrale de Bukavu explique également que le Comité International de la Croix Rouge qui les appuyait en médicaments pour des soins primaires a plié bagages depuis décembre.

Cette situation vient aggraver les difficultés dans la prise en charge des détenus dont la plupart présente des signes de malnutrition, une situation qui pourrait conduire à plus de morts dans cette maison carcérale, précise notre source.

Pour l’instant, tous ces morts sont gardés à la morgue de l’Hôpital Général de Bukavu et seulement un a déjà été retiré par les membres de famille pour enterrement.

Les autres sont toujours gardés à la morgue en attendant que la mairie vienne les retirer et autoriser l’enterrement.

Des sources sûres, nous apprenons que la mairie qui a l’obligation de payer pour la levée de ces corps ne l’a pas encore fait, ce qui pousse également l’hôpital à ne pas libérer lesdits corps.

Le responsable du dispensaire de la prison centrale de Bukavu précise qu’il n’y a aucune assistance de la part du gouvernement provincial en ce qui concerne la prise en charge médicale.

Tous ces détenus qui décèdent après avoir été transférés à l’Hôpital Général ne sont pas bien pris en charge car la prison n’a pas de budget pour prendre en charge la caution exigée avant tout traitement et même pour la suite des soins, précise notre source.