Sud-Kivu: la gratuité de l’enseignement entraine la légèreté dans les enseignements

Après l’annonce de la mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement de base sur l’ensemble de la République par le Président Félix Tshisekedi, la manière de dispenser les cours par les enseignants a sensiblement baissé dans plusieurs écoles de la province.

Dans plusieurs messages d’alerte parvenus à la Rédaction de Radio Maendeleo, des parents d’élèves, les élèves eux-mêmes ainsi que les acteurs de la société civile dénoncent le fait que les enseignants ont sensiblement changé la façon d’enseigner.

A en croire ces alertes, plusieurs enseignants arrivent désormais dans les salles des classes sans avoir préparé leurs leçons, d’autres passent des heures devant leurs téléphones et laissent les élèves s’occuper à autre chose et d’autres encore disent clairement aux élèves qu’ils n’ont pas droit d’être enseignés.

Dans le même sens, des cours dont certaines parties auraient dû être terminées en cette fin de premier trimestre de l’année scolaire n’ont toujours pas avancé et, selon certaines enquêtes menées, les cahiers destinés pour certaines leçons restent vides.

Bien plus, des écoles qui jadis étaient championnes dans l’encadrement des enfants à travers l’octroi des devoirs à domicile ainsi que dans les enseignements personnalisés ou étude après les heures normales des cours, ont abandonné ces pratiques.

A en croire les mêmes alertes parvenues à la rédaction de Radio Maendeleo, ces enseignants et responsables d’écoles justifient cette manière d’agir par le fait qu’avec la philosophie de la gratuité, ils reçoivent un salaire qu’ils jugent maigre par rapport à ce qu’ils recevaient avec le système de la prime.

Ceci se prouve par le langage qu’ils tiennent devant les élèves ; un langage selon lequel, les élèves devraient aller s’adresser à l’Etat congolais, lui demander de venir assurer seul les enseignements ou alors se contenter de ce qu’ils apprennent pour l’instant.

Au regard de cette situation, plusieurs parents craignent pour l’avenir de leurs enfants et même la finalisation des enseignements inscrits au programme scolaire pour l’année 2019-2020.

Les parents, les élèves et les acteurs de la société civile estiment que l’Etat congolais à travers les inspecteurs et autres autorités scolaires devraient s’impliquer en identifiant les écoles et enseignants impliqués dans de telles pratiques afin de ne pas rabaisser le niveau de l’enseignement en République Démocratique du Congo.

D’autres acteurs estiment que l’Etat congolais devraient prendre au sérieux les revendications des enseignants qu’ils soient non payés ou nouvelles unités ainsi que celles des responsables d’écoles par rapport aux difficultés de fonctionnement de celles-ci suite à la philosophie de la gratuité de l’enseignement.

Ils estiment que si rien n’est fait, la prime pourrait revenir sous une autre forme ou, à l’opposé, l’éducation des élèves pourrait en payer le lourd tribut.

D’autres analystes invitent par ailleurs les enseignants régulièrement payés par l’Etat et les écoles bénéficiaires des avantages de l’Etat à ne pas monter les enchères mais de mettre en avant plan l’intérêt de l’enfant car, ils ont aussi des enfants que la situation actuelle n’épargne pas.

Aux enseignants non encore pris en charge par l’Etat congolais, de revendiquer tout en privilégiant l’intérêt des enfants et non décider d’aller enseigner juste pour remplir les formalités.

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