Bukavu: en grève, le personnel soignant de la prison centrale dénonce le manque des outils de travail

Le personnel soignant de la prison centrale de Bukavu vient de déclencher une grève sèche. Cette grève consiste à arrêter toutes les prestations des soins au profit des détenus mais aussi toute autre intervention sanitaire dans cette maison carcérale.

L’objectif est de dénoncer les mauvaises conditions dans lesquelles ils sont obligés de travailler mais aussi les ruptures intempestives en médicaments et matérielles de prise en charge des détenus malades.

Selon ces médecins et infirmiers, c’est depuis la fin de l’année 2018 que le Comité International de la Croix Rouge s’est désengagé dans l’approvisionnement des intrants médicaux au sein de cette prison et le gouvernement en a été informé.

Ils regrettent de voir que depuis ce désengagement, le gouvernement n’a jamais fourni une quelconque assistance en médicaments, en matériels nécessaires et encore moins en nourriture pour assurer la bonne santé des détenus.

Au chapitre des conséquences, le personnel soignant de la prison centrale de Bukavu note plus de 45 détenus décédés depuis janvier 2019, 325 cas de malnutrition, 13 cas de VIH Sida et 23 cas de tuberculose.

Ces agents regrettent également le fait que même des cas qui devraient être traités à l’intérieur de la prison sont référés à l’hôpital provincial pourtant ici aussi ils ne sont pas soignés faute de moyens financiers et parfois ils en profitent pour s’évader.

Le Médecin chef de Staff à la Prison Centrale de Bukavu Dr Muhindo Musimwa Pamela demande aux autorités d’intervenir dans l’urgence pour décanter la situation.

« c’est depuis presque une année que l’Etat n’approvisionne pas la prison centrale de Bukavu en médicaments et/ou en matériels nécessaires pour les soins de santé. Le CICR a annoncé depuis longtemps qu’il allait se désengager mais l’Etat congolais n’a rien fait de concret surtout pour le Sud-Kivu et particulièrement la prison centrale de Bukavu. Pourtant, les détenus sont des citoyens comme nous et ont des droits autant que nous qui sommes en liberté. La loi leur reconnait le droit d’être soignés et nourris gratuitement. Curieusement, notre pharmacie est aujourd’hui vide. Même un simple paracétamol, vous ne pouvez pas y trouver. Alors, nous avons décidé d’entrer en grève sèche parce que même si nous décidons un service minimum, nous n’avons rien à donner aux détenus malades. Aujourd’hui nous sommes devenus la risée de ces détenus car ils ne savent pas comprendre comment on peut leur dire que nous n’avons pas de solution à leurs problèmes. C’est une insécurité pour nous. Nous voulons que l’Etat intervienne le plus tôt possible. En plus de cela, nous aussi on a droit à une prime spéciale conformément à la loi mais cela n’arrive jamais pourtant dans d’autres provinces, nos confrères en bénéficient en bonne et due forme… », déclare Dr Muhindo Musimwa Pamela.

Elle précise que le personnel soignant de la prison centrale de Bukavu pourrait assurer un service minimum mais la pharmacie est vide depuis plusieurs mois. Dr Pamela Musimwa promet toutefois d’intervenir pour sauver la vie des détenus en situation d’urgence.

Pour sa part, le Directeur de la Prison Centrale de Bukavu José Ntumba estime que les revendications du personnel soignant sont fondées mais la procédure utilisée pour le faire n’est pas appropriée. C’est ainsi qu’il affirme n’est pas être saisi de cette grève.

Signalons que le Prison Centrale de Bukavu compte actuellement 1 849 détenus parmi lesquels 52 femmes, 14 nourrissons et 48 mineures dont 2 filles et 46 garçons.

Son personnel soignant est constitué de 18 agents parmi lesquels des infirmiers et des médecins.

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