Éducation: ils ont construit des empires avec la prime; la gratuité les gène; ils sont en grève (Editorial)

La déclaration des syndicats des enseignants des écoles conventionnées catholiques et protestantes consistant à suspendre les enseignements dans toutes les écoles est diversement commentée dans l’opinion en province du Sud-Kivu.

En effet, un jour seulement après avoir déclenché un mouvement grève pour exiger du gouvernement le respect de l’engagement pris en rapport avec la paie des salaires pour matérialiser la gratuité de l’enseignement, des réactions fusent de partout.

Dans les huit territoires comme dans la ville de Bukavu, des parents qui ont contacté la Rédaction de Radio Maendeleo estiment que la déclaration des enseignants du Sud-Kivu est prématurée et ne devrait pas être faite.

Ils motivent cela par le fait qu’elle est faite durant le tout premier mois de l’année scolaire et pendant que le gouvernement central s’active pour respecter différents engagements et supprimer le fardeau de la prise en charge des enseignants par les parents.

Il faut pourtant noter que rapport final des travaux de l’atelier résidentiel de Bibwa tenus à Kinshasa avait recommandé que le budget affecté au secteur éducatif soit revu à la hausse soit de 16 à 30% dans l’objectif de couvrir les salaires des enseignants.

Sur ce point précis, il y a lieu de noter que c’est depuis seulement le 15 septembre dernier que l’Assemblée Nationale a ouvert sa session ordinaire de septembre sensée être budgétaire.

C’est au cours de cette session que les députés provinciaux vont voter le budget et intégrer cette question de la paie des enseignants. Nombreux estiment que les syndicalistes devraient dire la vérité aux enseignants et donner un peu de temps au gouvernement afin de travailler dans la sérénité.

En rapport avec la promesse de payer le premier pallier des salaires pour le mois de septembre, octobre et décembre ; des analystes estiment que les enseignants sont partis vite en besogne car aucun signe de désespoir n’est jusque-là pas visible dans le chef du gouvernement.

En rapport avec l’exigence de majorer des salaires des enseignants jusqu’à 300 et 900 dollars par mois, nombreux qualifient cette attitude d’excès de zèle et tendant à décourager les efforts déjà fournis et saper la volonté politique du Président de la République.

D’ailleurs, commentent certains analystes, plusieurs agents de l’Etat sont soumis à régime salarial qui ne leur permet pas de subvenir à tous leurs besoins d’où les enseignants devraient se comporter en conséquence et accepter de recevoir ce qui leur est proposé en attendant l’amélioration progressive, comme l’a si bien dit le chef de l’Etat.

Bien plus, d’autres commentaires vont dans le sens de montrer que ce sont plutôt les enseignants et responsables ayant construit leurs empires à travers la prime qui ne veulent pas la suppression de celle-ci et veulent, à travers la grève déclenchée, retourner à ce même système. Ils seraient donc restés nostalgiques de la prime.

Il s’agirait principalement des enseignants dans les grandes écoles de la ville de Bukavu et des territoires alors que des enseignants éparpillés dans les coins les plus reculés de la province croupissent dans la misère avec un salaire dérisoire.

Pour ces derniers d’ailleurs, la nouvelle annonçant la prise en charge des enseignants par l’Etat congolais a été considérée comme un salut. Nombreux croient que la grève déclenchée ne comporte aucun avantage pour ces enseignants des coins reculés qui devraient eux la boycotter.

Plusieurs observateurs estiment que les enseignants devraient mettre un peu d’eau dans leur vin afin de donner la chance à cette gratuité, privilégier l’intérêt supérieur des enfants et non mettre en avant leurs intérêts égoïstes en multipliant tous les jours des subterfuges dans le seul objectif de revenir au système de la prime.

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