Bukavu: des manifestations qui créent du désordre dans la ville (Éditorial)

Depuis environs quatre mois maintenant, plusieurs manifestations pacifiques ont été organisées principalement dans la ville de Bukavu, les unes par les militants de différents mouvements citoyens et les autres par des agents des services publics.

Depuis l’après-midi de lundi 27 Mai 2019, ce sont les militants des partis politiques qui ont pris d’assaut les rues de la ville de Bukavu en brulant des pneus sur plusieurs axes pour réclamer l’équilibre dans la répartition des postes ministériel au sein du gouvernement provincial.

Dans la matinée de ce mardi 28 mai 2019 encore une fois, ce sont des agents de l’ISDR, ceux de la Division Provinciale de la Santé et même certains agents de Twangiza Mining à Luhwindja en territoire de Mwenga qui ont manifesté  pour diverses raisons.

Si les revendications des mouvements citoyens peuvent sembler fondées, des critiques ne cessent de pleuvoir par ailleurs sur celles des militants des partis politiques et même sur les méthodes utilisées pour faire valoir leurs points de vue.

En effet, c’est avec des sifflets et des calicots avec des messages clairs que des mouvements citoyens assiègent les bureaux des institutions visées pour tel ou tel service mais aussi à travers des sit-in qui souvent aboutissent par des concessions.

Il faut pourtant noter que d’autres manifestants choisissent carrément de bloquer la circulation sur les voies principales dans la ville de Bukavu en brulant des pneus et des étoffes sur le macadam.

C’est le cas des militants de l’Union pour la Nation Congolaise UNC et de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social UDPS qui ont pratiquement paralysé les activités dans la ville de Bukavu.

En effet, les uns ont empêché aux habitants de se rendre vers Nguba et ceux de Nguba de se déplacer alors que les autres ont obligé les conducteurs des véhicules à faire des chemins détournés au lieu de passer sur la chaussée principale, l’avenue P E Lumumba.

Ces agissements sont condamnés par plusieurs habitants de Bukavu non seulement parce que leur liberté de circulation a été violée mais aussi parce que cela détruit la route qui a couté cher à l’Etat pour être réhabilitée.

Bien plus, nombreux sont ceux qui estiment que les revendications des militants de ces partis politiques ne devraient pas se faire dans la rue mais plutôt les cadres de ces partis devraient mieux éduquer leurs militants et les former sur les principes qui sont à la base de la répartition des sièges au sein du gouvernement provincial.

Dans le même sens, les observateurs estiment que des revendications liées au positionnement sont purement personnelles et devraient se faire via des négociations politiques et non dans la rue jusqu’à indisposer même ceux qui n’ont rien à voir avec la politique.

D’autres vont jusqu’à affirmer que certaines manifestations sont planifiées par des acteurs politiques et sociaux qui ont excellé dans la déstabilisation des gouvernements provinciaux qui se sont succédés au Sud-Kivu.

Ceci dans l’objectif d’exercer de la pression sur les nouvelles autorités provinciales, les placer dans une situation inconfortable et ainsi espérer être embauché ou alors se faire corrompre par la suite.

Tout en encourageant les revendications sociales, les habitants devraient savoir que les problèmes se posent partout en RDC mais les méthodes de les résoudre sont peut-être différentes.

Des analystes estiment qu’il faudrait donc manifester en privilégiant l’intérêt collectif, si non, le Sud-Kivu risque d’être une province ingérable.

Il est grand temps aussi que les nouvelles autorités prennent leurs responsabilités en communiquant régulièrement sur ce qu’elles font et ce qu’elles comptent faire car rester sans communiquer donne place aux rumeurs et place les habitants dans le désespoir contrairement aux attentes exprimées lors des élections du 31 décembre 2018.

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